LES MANUSCRITS DE LA BIBLE

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, des manuscrits très anciens existent pour tous les livres de la Bible.

 

L’Ancien Testament 

 

L’Ancien Testament des Bibles chrétiennes est en fait la Bible hébraïque de la religion israélite. La langue d'origine de l'Ancien Testament est donc l'hébreu. Ces textes furent rédigés entre le 14ème siècle avant J.C. et le 5ème siècle avant J.C. Pendant longtemps, nous ne possédions pas de textes très anciens, car, lorsque les rouleaux de parchemin d’une synagogue étaient trop usagés, ils étaient brûlés afin de ne pas tomber dans des mains impies ; on les remplaçait ensuite par de nouvelles copies. Jusqu’au 20ème siècle, le texte en usage était le texte dit « des Massorètes ». Les Massorètes, religieux juifs, étaient chargés de la transmission de la Bible pour laquelle ils réalisèrent au 9ème siècle de notre ère une transcription complète en hébreu.

 

En l’absence de manuscrits anciens, il était alors aisé de critiquer la Bible en disant qu’elle n’était qu’une collection de récits oraux mis tardivement pas écrit. Mais les choses allaient changer !

 

En 1948, dans les grottes de Qumran, en Israël près de la Mer Morte, des manuscrits très nombreux, datant du 2ème siècle avant notre ère, furent découverts complètement par hasard. Ils étaient cachés dans des jarres de terre et dissimulés dans plusieurs grottes. Tout près des grottes se trouvent les ruines d’un monastère Essénien (secte messianique juive du 2ème s. av. J.C.) et l’on peut y voir une salle dont l’usage était réservé à la copie de manuscrits. L’examen des manuscrits de Qumran a fait l’objet de longues études. Les fragments de textes trouvés sont de deux sortes : des écrits propres aux Esséniens d’une part, et d’autre part des manuscrits de tous les textes de la Bible hébraïque, avec même un rouleau entier du livre du prophète Esaïe. Ce rouleau ainsi que les autres textes bibliques sont aujourd’hui exposés dans le « Sanctuaire du Livre » du Musée d’Israël à Jérusalem.

 

 La découverte des Manuscrits de la Mer Morte a fait faire un bond en arrière de plus de 1000 ans à l’histoire des manuscrits de l’Ancien Testament. La comparaison entre les textes de Qumran et le texte des Massorètes est stupéfiante, ce sont exactement les mêmes et montrent que l’Ancien Testament a été transmis au travers des siècles avec une parfaite fidélité !

 

 Par ailleurs, les commentaires rabbiniques rédigés pendant des siècles sur les livres de la Bible hébraïque démontrent également l’existence très ancienne des textes de l’Ancien Testament.

 

La Bible "des Septante"

 Vers l'an 270 avant notre ère, le roi d’Égypte Ptolémée II commanda une version grecque de la Bible hébraïque. Une importante communauté juive vivait alors à Alexandrie et Ptolémée II ne connaissant pas l'hébreu était curieux de leurs écrits. Cette traduction de l'hébreu vers le grec fut réalisée à Alexandrie par soixante-dix érudits juifs, d'où son appellation de "Bible des Septante". C'est cette Bible qui était en usage autour du bassin méditerranéen à l'époque de Jésus et des apôtres. La version des Septante fut d'abord bien accueillie par les communautés juives, mais elles la rejetèrent vers le 2ème siècle de notre ère car trop imparfaite.

 

La première traduction en latin de la Bible -la Vulgate Latine- fut réalisée au 4ème siècle de notre ère, d'après la version des Septante pour l'Ancien Testament, malgré les réticences du traducteur, Hiéronymus (Saint Jérôme). Ceci explique que l'Ancien Testament des bibles catholiques comporte des textes qui ne figurent ni dans les bibles hébraïques, ni dans les bibles protestantes (traduites d'après le texte hébraïque). Ils ne sont pas reconnus comme "canoniques". Ces textes ajoutés, taxés d'"apocryphes" par Hiéronymus, furent conservés par le catholicisme lors de la Contre-Réforme, par décision du Concile de Trente (1545-1563). Ils figurent depuis dans les bibles catholiques sous l'appellation de livres "deutérocanoniques" .

 

Malgré les ajouts de textes non canoniques, la version des Septante présente un grand intérêt en ce qui concerne le texte biblique d'origine. Il permet de connaître le sens que donnaient les rabbins juifs d'avant Jésus Christ à certains mots, certains passages. Par exemple il y a dans le livre du prophète Esaïe des prophéties annonçant la venue future du Messie, et il y est précisé qu'il naîtrait d'une "vierge" (Esaïe 7:14). Les bibles judaïques aujourd'hui, pour ce même texte, traduisent l'hébreu "almah" par jeune femme (et non vierge) mais dans la version des Septante, ce mot hébreu est traduit par le grec "parthenos" qui indique sans équivoque une jeune fille vierge. Cela montre que dans le judaïsme d’avant Jésus Christ, on savait que le Messie annoncé serait mis au monde par une jeune fille vierge. C’est là l’un des aspects de l’intérêt que présente la version des Septante.

 

Ajoutons que Jésus Christ, dans ses discours et enseignements a fait référence à tous les livres de l’Ancien Testament, sauf aux textes apocryphes. Il a lui-même cautionné la composition de l’Ancien Testament en nommant l’Écriture Sainte  « la loi de Moïse, les prophètes et les psaumes » (Luc 24 :44), ce qui désigne les trois grandes parties de la Bible hébraïque.

 

 

Le Nouveau Testament

 

Le Nouveau Testament a été rédigé en grec, langue internationale du bassin méditerranéen au début de notre ère.

 

Il est impossible de retrouver les originaux d’écrits de l’Antiquité en raison de leur caractère périssable, nous en possédons des copies datant souvent de plusieurs siècles après leur date de rédaction. Pour exemple, le manuscrit le plus ancien de La Guerre des Gaules de Jules César est postérieur de 1000 ans à l’original, même chose pour les Annales de Tacite, 500 ans pour l’Iliade d’Homère, etc. Par contre, pour le Nouveau Testament, il existe des manuscrits, ou fragments de manuscrits très proches de la date de rédaction des originaux, comme ce fragment de l’Évangile de Jean, postérieur de seulement 25 ans à l’original (Bibliothèque John Rylands de Manchester). Il existe bien entendu d’autres fragments anciens du Nouveau Testament, mais le plus fascinant ce sont des « codex » (parchemins découpés en pages et reliés) découverts au 19ème siècle, comme le Codex Vaticanus (4ème siècle) qui est une partie du Codex Babylonicus, le Codex Sinaiticus (4ème siècle), le Codex Alexandrinus (5ème siècles). Ces trois codex montrent que le Canon du Nouveau Testament était déjà bien constitué avant le 4ème siècle.

 

Les autres sources historiques

 

Les écrits des Pères Apostoliques (2ème siècle) et des Pères de L’Église (3ème et 4ème siècle) citent tous les livres Nouveau Testament, montrant ainsi que sa rédaction était terminée dès la fin du 1er siècle de notre ère.

 

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Par ce bref aperçu de l’histoire de la Bible et de ses manuscrits, nous voyons que les différents textes qui la constituent datent vraiment des époques où la Bible affirme qu’ils ont été écrits. Cela nous interpelle car bien souvent nous découvrons dans ses pages des notions historiques, géographiques, scientifiques, inconnues en ces temps-là. Là encore, une seule explication possible, celle de l’inspiration divine de la Bible, ce qui implique l’existence de ce même Dieu qui a voulu se révéler aux hommes.

 

La Bible et la science.